Chapeau de Paille RPG

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 The Curse of the Black Sword

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Flint Lesthat
Capitaine des Black Moon
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MessageSujet: The Curse of the Black Sword   Sam 17 Oct 2009, 19:50




L'archipel Shabondy, que dire sur ce lieu si ce n'est qu'il constitue à mes yeux un immense labyrinthe. Une liste de numéros constitue la seule aide possible pour retrouver son chemin dans ce dédale d'arbres et de bulles. Qui plus est, depuis le temps que je n'étais pas venu ici, je n'avais plus idée des nombres indiquant les Groves décents des Groves les plus malfamés. Cependant, je n'avais pas grand chose à craindre pour l'instant, ma tête n'étant pas mise à prix malgré ma fonction d'Officier au sein de l'Armée Révolutionnaire, je ne risquais donc pas de voir débouler des chasseurs de primes souhaitant me livrer à la Marine. Finalement, ne pas être connu n'était pas un mal et je commençais presque à plaindre notre pauvre leader de Dragon d'être l'homme le plus recherché du monde. Sans doute s'il s'était montré ici, une horde d'individus peu recommandables se seraient jetés sur lui... et se seraient fait balayer en un instant d'ailleurs. Mais ce point central du commerce d'esclave n'était pas un lieu où je me rendais par pur plaisir. Bon d'accord, j'admets que le parc d'attraction fut un point central de mon voyage au sein des différentes îles et que j'y suis resté quelques instants... quelques heures. Faire preuve d'un peu de zèle de temps à autre n'est pas non plus interdit au sein de l'armée tant que cela ne risque pas de causer la perte de celle-ci que je sache. Puis leurs barbes à papa et glaces sont véritablement d'un goût des plus exquis qui puissent être. Par contre, allez savoir pourquoi, les stands de tir ont tous disparus de la fête foraine, sans doute à cause des nombreux pirates expérimentés qui se livraient sans mal à cette activité et raflaient tous les cadeaux possibles. A la place, les forains ont alors décidés d'instaurer divers jeux de réflexion. Il est vrai qu'il est plus rare de croiser un pirate malin qu'un pirate habile avec une arme à feu. L'un d'entre-eux notamment, proposait un stand d'échecs. Quelle bonne idée ! Quelques confirmations de ma position de stratège au sein de l'armée et trois peluches de panda remportées haut la main plus tard, je pouvais peut-être enfin me concentrer sur la raison première de ma présence en ce lieu.

Trimballant nonchalamment un imposant sac où se trouvaient mes peluches, je mettais ma main gauche dans ma poche pour en sortir une lettre où figuraient mes ordres de mission. Cela faisait plusieurs jours que nous étions sans nouvelles d'un autre officier de l'Armée Révolutionnaire et son absence commençait à inquiéter sérieusement les hautes autorités, à savoir celles se trouvant au-dessus de moi et qui n'aime pas trop quand leurs larbins (dont moi) s'amusent à disparaître sans donner de nouvelles. Il faut avouer que cela fait légèrement désordre et anarchie au sein d'une communauté qui tente de représenter la justice réelle de ce monde en condamnant la justice imposée par le Gouvernement Mondial. Bref, j'étais ici pour retrouver ce charmant officier, Phinéas D. Barnum, qui avait la charge des services de renseignements de ce secteur. Me dirigeant vers les entrepôts, je me mis instinctivement à froncer les sourcils, sentant une odeur qui me déplaisait de plus en plus à mesure que j'approchais des bâtiments. Cette zone empestait la mort à plein nez et cela n'était jamais très bon signe. Je constatais en tournant légèrement la tête que plusieurs traces de sang, d'impacts de balles et de coups de katana parsemaient les arbres et murs environnants. J'ignorais ce qui s'était tramé ici, mais cela n'avait pas du être une partie de plaisir. L'hémoglobine étant coagulée, sèche et presque caillée, on pouvait dater l'incident à plusieurs jours. Mais le plus effrayant étant sans nul doute ce silence pesant. Ici, pas d'oiseau qui chante, prêt à vous aider à faire la vaisselle et nettoyer le sol avec tous ses petits amis de la forêt comme dans un magnifique conte de fées. Non, juste un silence aussi profond que l'océan, ne laissant avec sa présence qu'une angoisse grandissante et une peur constante d'être le prochain à subir le sort des infortunés ayant combattus ici.

Je me trouvais face à la porte de l'entrepôt, celle-ci étant légèrement ouverte, un bras ensanglanté bloquant la fermeture du portail métallique. J'ignorais ce qui était le plus déroutant : le silence ambiant, ou voir, en ouvrant la porte, que le bras qui la bloquait devait manquer à quelqu'un si l'on en jugeait l'absence de corps à partir de l'épaule. Le membre semblait avoir été arraché plutôt que tranché si l'on en jugeait les lambeaux de chair qui pendaient au bout. Quoi que... posant mon sac, je saisis le membre du bout des doigts pour constater avec effroi que sur le morceau d'os qui dépassait, on pouvait voir des rainures pour le moins déroutantes. Un frisson commença à me parcourir l'échine et une sueur froide coula le long de mon dos lorsque je fis cette constatation macabre : la chair de cet homme avait été pour ainsi dire grignotée. Je me retrouvais donc avec une trentaine de soldats révolutionnaires éparpillés dans l'entrepôt... mais pas éparpillés dans le sens "un par ici et un par là", mais plutôt dans le sens "un bras ici, une main là, une tête de ce côté et une jambe de l'autre". Aussi solide que je puisse être, un tel carnage ne pouvait pas me laisser de marbre et c'est à plusieurs reprises que je portais ma main devant ma bouche pour essayer de me retenir de vomir. Associez à cela l'omniprésence de mouches autour des morceaux de cadavres et la charmante odeur de la chair en décomposition et vous obtenez tout ce qu'il faut pour vous retourner l'estomac, le faire faire quatre tonneau en sortant de votre bouche pour au final le faire remonter par votre colon. Il était difficile dans mon esprit de concevoir qu'une telle chose puisse être l'œuvre d'un humain. Et pourtant, les marques de dents sur les corps ne laissaient aucun doute quant à cette supposition. En essayant de me concentrer pour ne pas rendre les deux kilos de glace et de barbe à papa précédemment ingurgités, j'essayais d'établir l'identité des victimes, constatant, après près d'une demi-heure d'examination et de concentration, que seuls deux hommes manquaient : un autre soldat et le très convoité Phinéas.

Brusquement, un bruit des plus singuliers vint briser ce silence. Un long râle, de ceux qui vous font frémir et imaginer un monstre dont une fumée sort de sa gueule lorsqu'il produit un tel son. Ne perdant pas un instant, je me dirigeais dehors en courant, posant la main sur mon katana, prêt à le sortir du fourreau. Une fois à la lumière du jour, au milieu du Grove, j'étais en pleine contemplation d'un spectacle des plus déroutants et traumatisants. Il se tenait là, devant moi... sur la branche de l'un des arbres. Phinéas, tenant une posture presque animale, avec dans sa main gauche une tête et dans la droite une épée d'un noir de jais avec à son bout un morceau de chaîne. Je venais de trouver le coupable de cette boucherie, et sa culpabilité ne fut plus à mettre en doute lorsque, avec un regard halluciné, il plongea sa dentition dans le cou du morceau de cadavre, dernier soldat que je n'avais pas retrouvé, arrachant un morceau de chair qu'il engloutit avec un air satisfait. J'ignorais en cet instant si la scène devait me dégouter ou me révolter. Qu'est-ce qui avait pu pousser cet homme à perdre ainsi la raison et attaquer des camarades qu'il avait côtoyé pendant des années ? Finalement, en bon révolutionnaire que je suis, ce fut la révolte qui prit le dessus sur le dégoût... même lorsqu'il lança la tête du pauvre homme dans ma direction en poussant un hurlement dément. Sortant mon arme, je donnais un net coup horizontal qui trancha le membre en deux, laissant le haut du crâne se séparer du bas et m'offrant entre ces deux parties, la vision de celui qui allait être mon ennemi.

Prenant une profonde impulsion qui brisa presque la branche sur laquelle il était, Barnum bondit vers moi avec une célérité déconcertante. Depuis quand ce saligot était-il devenu aussi rapide et fort ? La dernière fois que je l'avais affronté au cours d'un entraînement, il était encore à un niveau relativement proche du mien, quoi qu'un peu inférieur. Cette fois-ci, sa force brute était tout bonnement écrasante. Sa lame entra en contact avec la mienne et me repoussa à une demi-douzaine de mètres au loin, me faisant atterrir dans un amas de caisses en bois qui se brisèrent sous le choc pour le moins violent de l'impact. J'ignorais ce qui se passait, mais une chose était sûre, j'allais devoir y aller au maximum dès le début si je ne voulais pas finir démembré et grignoté comme une vulgaire côte de bœuf. Me relevant en faisant abstraction des quelques écorchures provoquées par le contact du bois ayant volé en éclat, je me demandais intérieurement ce qui avait pu pousser Phinéas à en arriver là. Mais vu son état actuel, il n'était pas difficile de deviner que la discussion n'était pas une solution pour régler ce problème. Si l'on en jugeait l'envie de sang qui émanait de l'officier ainsi que son regard totalement dément, on pouvait deviner que la folie venait de le submerger et que sa conscience se trouvait sans nul doute à des années lumières d'ici, là où aucune voix ne saurait l'atteindre. Je prenais donc mes appuis pour me préparer à m'élancer dans ce combat, me doutant que si je n'y allais pas avec l'intention d'ôter la vie à cet ancien camarade, c'est tout simplement lui qui me prendrait la mienne.

Alors que je l'observais, quelque chose me semblait néanmoins étrange. Cette soif de sang, cette aura obscure, ne semblait pas émaner de sa personne. Pourtant, aucun autre combattant vivant ne se trouvait dans les alentours. Cherchant l'origine de cet fait, j'en vins à poser mes yeux sur sa lame. Elle était d'une teinte des plus obscures, laissant à chacun de ses mouvements un bruit métallique résonner grâce à la chaine qui pendait au bout de la poignée. A l'instant où mes yeux se posèrent sur elle pour l'ausculter plus en détail, un frisson se mit à faire trembler mon corps tout entier avant que, brusquement, une sensation de froid n'envahisse ma poitrine. Baissant les yeux en sentant un contact liquide avec ma peau, je pus voir mon propre sang teinter mes vêtements alors que cette même épée semblait avoir traverser mon corps. Comment ? A peine me suis-je posé cette question que l'arme avait disparu avec la blessure qu'elle avait engendré. Mon front dégoulinait de sueur, mon cœur battait la chamade, une peur incommensurable s'emparant de tout mon être en l'espace d'un instant, l'air devenant pratiquement irrespirable. Une "aura tueuse"... provenant non pas de Barnum, mais de cette épée. Cette dernière laissait toute sa malice s'écouler autour d'elle comme un torrent de sang et de ténèbres. Même si le sens de la vue ne pouvait rien percevoir, le corps tout entier des guerriers aguerris pouvaient ressentir cette aura oppressante et presque écrasante. A cet instant, il était alors clair que le responsable du massacre n'était aucunement Barnum, mais bien la folie émanant de la lame qui avait consumé sa raison. Cette épée était dangereuse, porteuse d'une malédiction parmi les plus violentes et puissantes qui puissent exister. Entre les mains d'esprits relativement faible ou n'ayant juste pas assez de force mentale pour la manier, voilà de quoi elle était capable.

Le simple fait de me tenir face à ce bloc de démence me faisait trembler, le claquement métallique de mon épée laissant deviner ce fait à mon adversaire qui semblait se repaître du spectacle de ma peur grandissante. Mon instinct de survie, mon corps tout entier... tous deux me crier de laisser Phinéas ici et de partir, de courir le plus loin possible de cette arme maudite et de son porteur. Chaque cellule de mon corps laissait émaner un sentiment de crainte. Ce sentiment ne m'était pas inconnu. Mais avant que je puisse penser à quoi que ce soit, comme s'il était las d'attendre, avide de sang, le bretteur se jeta sur moi, brandissant cette arme d'une noirceur profonde. A cause de la peur, mes mouvements étaient ralentis. Je ne pus que parer partiellement l'offensive, mon épée étant repoussée, l'attaque éraflant ma joue et laissant un fin filet vermeil en sortir. Les coups de Barnum étaient d'une rapidité effrayante, la crainte obstruant mes sens, les rendant encore plus impressionnants. Finalement, il en vint à bloquer mon arme avec la sienne et, profitant de l'immobilité de nos deux corps, décida de frapper le mien dans l'abdomen avec son pied, me repoussant à travers le mur de l'entrepôt qui se brisa. Je venais de disparaître de son champ de vision dans un nuage de poussière grisâtre. Peut-être ferais-je mieux de jouer le mort et attendre qu'il s'en aille... Non, l'idée même qu'il puisse me croire mort était absurde. Voilà que maintenant, c'était mon esprit de réflexion qui se voyait entravé par ma peur. Oui, ce sentiment de crainte qui vous conseil pour votre propre survie de partir, de fuir comme un misérable, qui vous empêche de vous battre à votre maximum... je l'avais déjà ressenti par le passé. La destruction de l'île céleste dont j'étais originaire, la découverte du cadavre de ma promise, de celui de mon frère. Tout cela me revint en cet instant, mon passé me rattrapant. Le visage d'Eneru m'apparut brusquement.

J'ouvrais brusquement les yeux, fronçant les sourcils avec un air rageur. J'avais survécu à la pire ignominie qui puisse être, j'avais perdu tout ce qui comptait jadis pour moi, j'avais affronté la destruction de tout ce qui m'était cher. La seule image de crainte qui pouvait désormais se trouver dans mon esprit était celle du responsable de toutes ces atrocités, pas celle d'un morceau de métal vindicatif. La peur m'avait fait perdre mes moyens le jour où cet orage gigantesque scella mon destin. Alors que je m'étais promis de tirer un trait sur tout cela, de ne pas recommencer les mêmes erreurs, voilà que j'étais à nouveau empli de ce sentiment de crainte. Je me trouvais pitoyable d'être ainsi replongé dans mes anciens vices. Cette fois-ci, au lieu de me laisser submerger par la colère et la peur, ce serait mon instinct qui devrait prendre le pas. J'en étais parfaitement conscient, sans quoi je n'avais aucune chance de vaincre cette arme qui se nourrissait de la peur des gens. Ma seule chance était de quitter ce sentiment de crainte, de m'abandonner à cette volonté destructrice qui fait vibrer chacun de mes nerfs, de me laisser porter par cette houle violente qu'est le désir de combattre. Plutôt que de penser à la fatalité, je devais me concentrer sur l'affrontement en lui-même, et non sa fin. Resserrant l'étreinte de ma main droite sur mon katana, je laissais ce dernier s'embraser brusquement, laissant une brève colonne de flamme s'échapper de l'endroit où je me tenais, traversant le plafond de l'entrepôt pour le laisser s'effondrer tout autour de moi. Je me tenais ainsi, légèrement courbé en avant, tenant mon épée de la main droite, ma silhouette se dessinant parfaitement à travers la poussière et la fumée de effondrement. Lorsque celle-ci se dissipa, Barnum était toujours face à moi, mais il prit un air assez perplexe en constatant que mon regard avait changé. Mes yeux à demi-clos me donnaient un air à la fois morne et sévère. Les matériaux des stocks d'armes se mirent à prendre feu, l'incendie se déclarant dans ce qui restait de l'entrepôt et donnant à ce lieu une apparence apocalyptique. Seuls moi et Phinéas étions debout, nous dévisageant mutuellement avec un air concentré qui ne nous rendait pas des plus sympathiques. Je pouvais sentir mon propre sang couler légèrement depuis mes plaies, la plupart étant superficielles, tandis que j'attendais le bon moment pour me lancer dans la bataille.




Immobiles au milieu des flammes, nous attentions chacun un signe de l'autre pour pouvoir à nouveau nous élancer dans le combat. Ce fut finalement une simple brique tombant d'un reste de mur qui nous décida à passer à l'action. Courant chacun le plus rapidement possible, nous finîmes par entrer en contact par le biais de nos armes, dans un claquement métallique et un choc d'une violence assez grande. J'avais vu juste depuis le début... seule la peur rendait impressionnant ses mouvements. Lorsque l'on est calme et que l'on ne se laisse pas influencer par ce genre de sentiment, il devient alors facile de lire dans son jeu de lame. Seule sa force semblait alors plus grande que la normale. Restait alors à faire en sorte de ne pas être touché. Nos épées se frappaient mutuellement, chacune témoignant d'une incroyable envie de dévorer la chair de l'autre, leurs cris n'étant autre que les claquements du fer s'entrechoquant. Frappant d'un coup vertical, ma lame fut alors parée horizontalement par l'épée noire. Mais sans plus attendre, je pressais le plus possible mon arme contre celle de l'ennemi pour gagner du terrain, dominer le combat. Ce fut avec une voix des plus neutres, témoignant d'une froideur qu'il m'était rare de témoigner, que je m'adressais à Phinéas, ou ce qui restait de conscient chez lui.


- Ca, c'est pour m'avoir forcé à me rappeler cet enfoiré... Gehenna Tenshô...

J'ignorais si à travers cet ennemi je n'essayais pas de frapper ce souvenir d'Eneru, de me débarrasser de la peur que son souvenir avait toujours produit dans son esprit. Mais à dire vrai, en cet instant, je m'en moquais bien. Mon arme se mit à luire de manière écarlate avant de libérer un enfer de flamme dans la direction de Barnum qui fut engloutit par celles-ci. Me reculant alors pour éviter d'être pris dans cette déferlante incandescente, je finis par me réceptionner sans trop de difficultés, avant de brandir à nouveau mon arme devant moi. Cela ne suffirait sans doute pas à tuer un tel monstre, mais ce serait assez pour lui faire comprendre que son arme la plus puissante contre moi, cette peur qu'il pouvait introduire dans l'esprit de ses adversaires, ne fonctionnerait désormais plus sur moi. S'extirpant du torrent de flammes, le corps noirci et en partie calciné du bretteur se figea alors face à moi, haletant, saignant et serrant les dents avec une expression enragée. Son regard colérique soutenait le mien qui demeurait glacial. Ces deux expressions que nous arborions ne voulaient signifier qu'une seule et unique chose, et c'est sans difficulté que nous comprenions le désir que nous avions tous les deux : en finir une fois pour toute avec ce combat. Le vainqueur serait déterminé au prochain coup, nous obligeant à frapper avec toute notre force pour clore cette macabre histoire. Avec une symétrie déroutante, nous posâmes tous deux notre main gauche sur la poignée de nos épées respectives, positionnant celle-ci derrière nous, sur notre flanc droit. De mon côté, j'avais décidé d'utiliser les arcanes de la Foudre pour cet ultime assaut. Je ressentais le courant circuler dans mon corps, accentuant ma vitesse de réponse synaptique et ma célérité, alors que dans un tourbillon lumineux vint à se former un dragon d'éclairs, tournoyant autour de moi. De son côté, Barnum laissait l'épée donner la pleine mesure de son pouvoir, se laissant dominer par celle-ci, l'aura noirâtre qui en émanait devenant de plus en plus forte jusqu'à exploser littéralement. Toute ma détermination dans ma lame... toute sa folie meurtrière dans la sienne. Il était temps d'en finir.

Tous deux, nous nous mirent à courir l'un vers l'autre, chacun avec l'énergie de la rage et de la volonté de combattre, nos mouvements devenant d'une rapidité non-négligeable. La distance qui nous séparait fut réduite à néant en un instant. Nous furent nez-à-nez en une fraction de seconde, chacun déportant sa lame depuis son flanc gauche, horizontalement, pour frapper avec toute sa force l'autre. Les deux armes s'entrechoquèrent violemment, dans un intense choc avant que, pris par notre élan, nous ne continuions notre route pour finir dos à dos. A dire vrai, j'ignorais si j'avais touché Barnum et si lui m'avait touché. Mon
Jashin Ryu avait explosé lors du contact et pour l'heure, mon esprit était trop embrumé par le choc que cela avait produit pour distinguer si oui ou non, j'avais bel et bien frappé mon adversaire. Une bourrasque passa alors entre nous deux, remuant respectivement nos vêtements et nos cheveux. La seconde qui suivit paru être interminable, juste avant qu'il ne se retourne et que je ne fasse de même. Un large sourire dément aux lèvres, il m'observa un instant avant que son buste ne tombe en arrière... et ses jambes en avant. Touché... ou plutôt tranché ! De mon côté, je commençais à ressentir une gène respiratoire, de celles que l'on a lorsque nos côtes brisées font pression sur nos poumons. L'aura meurtrière et l'atmosphère pesante se dissipèrent alors brusquement et, tandis que je m'approchais des deux moitiés de corps de Barnum pour bien constater sa mort, je vis dans ces yeux une parcelle de raison. Ses entrailles se répandaient peu à peu en même temps que le flot de sang qui sortait de son corps coupé en deux, mais malgré tout, il parvint à s'adresser à moi avec une voix qui était bien celle de l'homme que j'avais jadis connu.


- L'épée... prends l'épée Flint... ne la laisse jamais... s'emparer de toi...

Toujours avec cette froideur incomparable que je pouvais déployer en combat, je fixais la dernière étincelle de vie s'échapper du corps de Phinéas D. Barnum, la lueur de ses yeux laissant place à un vert des plus mornes, sans vie. Mon regard se posa alors sur l'épée noire, la main de ce pauvre homme ayant relâché son étreinte sur sa poignée. La chaîne au bout de cette dernière pendait allègrement alors que je pouvais encore sentir d'ici sa force de vie et sa volonté de destruction. Rangeant mon katana dans son fourreau, j'approchais ma main droite de cette arme maudite. Plus mes doigts étaient proche du fait d'entrer en contact avec elle et plus je sentais son atmosphère oppressante m'envahir. D'un mouvement sûr et brusque, ma main se referma sur la poignée de l'objet. Je pus alors sentir en moi tout le ressentiment de l'arme, un torrent de haine, folie et regrets m'envahissant. Mais il était trop tard pour elle... Il lui était impossible de s'emparer de mon âme, de mon corps, de mon esprit. Je l'avais compris au cours de cet affrontement... que cette lame maudite ne tirait son pouvoir que de la peur d'autrui. Dommage que ce fut au cours de ce même combat qu'elle me permit de surpasser celle-ci et, ainsi donc, de placer mon âme hors de porté de sa folie meurtrière. En saisissant l'arme, je me rappelais enfin le nom et la légende de celle-ci. Peut-être fusse ma mémoire qui me le rappela, ou peut-être était-ce tout simplement cette arme qui souhaitait me transmettre ce savoir, je n'en avais aucune idée. La brandissant devant moi, comme pour sceller un pacte avec elle, indiquer que si elle m'acceptait, il en serait autant pour moi, je finis par lâcher son nom sans m'en rendre véritablement compte : Sogyo no Kurayami, la Raison des Ténèbres. Faisant alors un rapide moulinet avec cette arme, Troisième meilleure lame des Douze Grands Sabres, épée la plus maudite parmi les armes de légende, une seule pensée m'envahit brusquement l'esprit en quittant cette scène de carnage...

A savoir la paperasse qu'allait me demander l'explication de tout cela et le rapport monstrueux que j'allais devoir taper pour les officiers supérieurs de l'Armée...


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